Le thème F du GdR STIC Santé s’est attaché, lors des de ses journées thématiques, à permettre la réflexion de scientifiques universitaires sur des problèmes émanant du terrain hospitalier. En particulier, nous avons réfléchi aux problématiques de conception de simulateurs et autres outils pour l’assistance et la formation aux gestes médico-chirurgicaux.
Pour cette 6ème journée intitulée « Usages effectifs de la simulation en formation médicale », nous souhaitons porter notre attention sur l’aboutissement des projets et sur le devenir des outils développés. Avec une approche plus ancrée sur le terrain hospitalier, nous essaierons de dégager des présentations de cette journée une tendance des usages développés autour des simulateurs pour la formation. Nous identifierons au cours des discussions les limites éventuelles, et les perspectives de travail à développer autour de ces questions.
Les présentations seront axées sur une description du dispositif de formation mis en place : enjeux médicaux, type d’approche du simulateur (modélisation, transposition), type de mise en œuvre (organisation de la formation), intérêts et limites, évaluations...
Accès :
Centre de recherche des Cordeliers
15 rue de l'école de médecine
Métro Odéon
Salle Leroux (2e étage de l’escalier B. Accès par le 1er étage de l’escalier B)
Programme de la Journée Thématique
|
9h45 – 10h |
Accueil et présentation de la journée |
Lucile Vadcard, LSE Grenoble |
|
10h – 10h45 |
Titre à venir |
Clément FOREST Digital Trainers |
|
10h45 – 11h30 |
Intégration de solutions de simulations dans les programmes de formations médicale: intérêts et challenges |
Antoine TESNIERES Hôpital Cochin Université Paris Descartes |
|
11h30 – 12h15 |
Intérêt de la simulation pleine échelle en médecine d'urgence - L'exemple de la formation continue des équipes SMUR à la prise en charge de l'arrêt cardiaque |
Thierry SECHERESSE Hôpital de Chambéry |
|
PAUSE REPAS |
||
|
13h30 – 14h15 |
La formation à l'implantologie par la réalité virtuelle : évaluation et usage du simulateur Virteasy |
Jérémy CORMIER & al. CERV Brest |
|
14h15 – 15h00 |
Plateforme de simulation et apprentissage de la chirurgie |
Daniel CHEVALLIER Faculté de Médecine, Nice |
|
15h – 15h45 |
La simulation au service de la conceptualisation des pratiques – le cas de l’HECVSanté |
Thierry LUTHRINGER HECV Santé Lausanne |
|
15h45 – 16h30 |
Discussion générale : adéquation développement des recherches / besoins de formation ; la question de l’évaluation en milieu hospitalier |
|
Résumés des communications
Intérêt de la simulation pleine échelle en médecine d’urgence
L’exemple de la formation continue des équipes SMUR à la prise en charge
de l’arrêt cardiaque
T. SECHERESSE
Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence de Savoie – CESU 73
SAMU 73
BP 1125
73011 Chambéry cedex
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Le but de notre exposé est de présenter l’intérêt de la simulation pleine échelle telle qu’elle est utilisée dans un Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence pour la formation des professionnels de santé à la gestion des situations d’urgence médicale. En prenant comme exemple la formation des équipes d’intervention du SAMU à la prise en charge de l’arrêt cardiaque, nous abordons les enjeux médicaux des dispositifs qui s’appuient sur la simulation ainsi que leur mise en œuvre, leurs intérêts et leurs limites. La question de l’évaluation est illustrée par une étude mesurant l’efficacité de cette formation à partir du modèle d’évaluation à quatre niveaux de Kirkpatrick. Nos résultats montrent qu’au-delà des réactions positives, il existe un effet bénéfique de ce programme de formation en termes d’apprentissages tant théoriques que pratiques ainsi qu’une amélioration de la prise en charge des patients victimes d’arrêt cardiaque témoignant du transfert des apprentissages dans l’activité des participants. Les résultats en termes de survie de patients restent cependant modestes et conformes aux taux de survie habituels. L’ensemble de ces résultats nous permet de mieux cerner la place de la simulation pour la formation des équipes médico-soignantes dans le domaine de la médecine d’urgence.
La formation à l’implantologie par la réalité virtuelle : évaluation et usage du simulateur Virteasy
J. CORMIER, C. BOSSARD, D. PASCO, & P. CHEVAILLIER
Cette présentation se déroulera en 2 temps.
Dans un premier temps, nous présenterons la comparaison d’une formation traditionnelle en implantologie à une formation utilisant la réalité virtuelle. En effet un nouveau système de réalité virtuelle(VirTeaSy) a été développé pour améliorer la gestuelle des étudiants en implantologie, ainsi que le passage de la formation à la pose d’implant en cabinet. Le but de cette étude est de comparer l'efficacité d'une situation de formation utilisant un système de réalité virtuelle (RV) avec une situation de formation traditionnelle (FT). L'objectif est de déterminer s'il existe des différences entre les deux situations de formation, lors de la pose d’un implant en « situation réelle ». Pour ce faire, nous avons réalisé 3 groupes d’étudiant, tous novices en implantologie. Le premier groupe a réalisé la formation RV (n= 12), le deuxième groupe a réalisé la formation FT (n=12), enfin le troisième groupe n’a pas eu de formation (n=12). Ensuite, tous les étudiants (n=36) ont été évalués dans une situation la plus proche possible de la réalité à savoir la pose d’un implant sur tête de cadavre. Nous avons évalué la pose des implants en utilisant 4 critères : l’angulation, l’émergence, la localisation de l’implant, et la notation du professeur. Dans un deuxième temps, nous présenterons l’utilisation du simulateur VirTeaSy dans une formation destiné à des dentistes diplômés. En effet, le simulateur VirTeaSy est depuis peu utilisé par un centre de formation privé. L’objectif de cette présentation est de proposer une organisation de formation exploitant au mieux les avantages la formation par la réalité virtuelle, puis de discuter de l’usage du simulateur en terme de temps d’utilisation, de personnel mobilisé, de nombre de simulateur par apprenant, et d’exploitation des données enregistrées a posteriori.
Plateforme de simulation et apprentissage de la chirurgie
D. CHEVALLIER, J. BREAUD, JP. FOURNIER, D. BENCHIMOL
Centre de Simulation Médicale. Faculté de Médecine de Nice, UNSA
L’apprentissage de la chirurgie peut bénéficier des techniques de simulation pour le développement et l’entretien de l’habilité technique, l’application des protocoles de soins, l’amélioration le raisonnement diagnostique.
En ce sens, sous l’effet de plusieurs éléments (accroissement du nombre d’étudiants, développement des nouvelles technologies, protocoles des soins, polices d’assurance) de nombreux centres de simulation ont vus le jours principalement dans les pays anglo-saxons ces dix dernières années.
La simulation chirurgicale s’est principalement développée depuis l’avènement de la cœlioscopie qui impose de nouvelles contraintes pour le chirurgien.
Plusieurs types de simulateurs ont été développés, des plus simples aux plus complexes recréant des situations chirurgicales reproductibles.
- Simulateurs « simples » : (type FLS®)
Le principe repose sur l’acquisition d’une habilité technique en manipulant les principaux instruments coelioscopiques (pinces à préhension, ciseaux, porte aiguille, endo-loop®…) sur des exercices définis (transfert de plots, le découpage d’une compresse, réalisation d’une suture intra ou extra-corporelle..). Ces simulateurs, de faible coût, ont pour avantage d’utiliser des instruments réels. Dans notre expérience, ils sont pertinents à la phase initiale de l’apprentissage pour l’acquisition d’une habilité technique simple, mais aussi pour des praticiens plus expérimentés pour entretenir une gestuelle notamment dans la réalisation de sutures coelioscopiques.
- Simulateurs en réalité virtuelle : (Simsurgery® , Lapmentor ®, LapSim®…)
Ils s’agit d’une véritable interface en réalité virtuelle pouvant alternativement faire pratiquer à l’étudiant des exercices indépendants d’une situation anatomique (manipulation de caméra, pose de clip,...) et des exercices recréant des situations réelles (fixation d’une valve gastrique, dissection du lit vésiculaire, …).
Certains de ces simulateurs contiennent des « modules » d’interventions (cholecystectomie, by-pass gastrique, sigmoïdectomie, ligature tubaire..) permettant de réaliser le temps coelioscopique de l’intervention dans sa quasi intégralité avec un degré de réalité tel qu’il existe la possibilité de choisir la position des trocarts, les instruments, de déclencher un saignement…
Certains simulateurs sont équipés de retour de force, afin d’améliorer le réalisme. Cet artifice (responsable d’un coût élevé du simulateur) dans notre expérience semble bénéfique dans les interventions virtuelles plus que dans les exercices d’apprentissage.
L’un des intérêts majeurs des simulateurs repose sur les outils d’évaluation développés dans les interfaces. Ainsi, à la fin de chaque exercice une série de paramètres est évaluée (temps, amplitude des mouvements, tractions excessives sur les tissus..) numériquement et par courbe, et peut être analysé.
Autres intérêts de la simulation
L’utilisation de mannequins animés et informatisés, voire la recréation d’environnement médical virtuel (bloc opératoire « virtuel », avec un mannequin à la place du patient) présente de nombreuses applications pour l’apprentissage de la chirurgie. Le déroulement de scénarii cliniques permet d’affiner le sens diagnostique des étudiants, d’inculquer la notion de prise en charge multidisciplinaire (trinome anesthésiste – urgentiste – chirurgien devant un patient polytraumatisé aux urgences par exemple) mais aussi de former les équipes aux protocoles de soins. En ce sens, un film sur l’utilisation de la Check-list de Bloc Opératoire (élaborée par la Haute Autorité de Santé) a pu été réalisé autour d’un patient virtuel et diffusé comme outil d’apprentissage efficient.
Évaluation de la qualité de l’enseignement
Il est clairement établi que la simulation coelioscopique permet une amélioration de la courbe d’apprentissage pour un geste technique donné, et une réduction du nombre d’erreurs à la phase initiale de l’apprentissage pour des procédures courantes.
De plus, notre expérience met en évidence un gain en terme de performances techniques pour les internes débutant leur cursus, pour des éléments simples tels le repérage dans l’espace (exercice de manipulation de caméra), la coordination bimanuelle.
Plusieurs scores globaux d’habilité technique ont été développés et devraient faire l’objet d’une évaluation plus précise dans les années à venir afin d’uniformiser les résultats de l’apprentissage par simulation.
Sur les éléments indépendants de l’habilité technique, conformément aux données de la littérature, notre expérience préliminaire identifie un fort bénéfice de ces techniques pour le travail multidisciplinaire, le raisonnement médical et l’application de protocoles de soins.
Les outils de simulation pour l’apprentissage de la chirurgie sont actuellement en plein essor et autorisent une nouvelle forme d’enseignement venant compléter la formation facultaire. Ils s’intègrent parfaitement dans le cursus des futurs chirurgiens, même si leur utilisation et l’évaluation de leurs performances justifient d’être encore systématisées.
Plus de détails sur le programme de la journée sur la page Web du thème F :
http://www710.univ-lyon1.fr/~fzara/wiki/doku.php?id=journee_du_26_novembre_2010
EventList powered by schlu.net